Voilà quelques temps déjà que je voulais vous proposer cet article, voilà donc une façon sympa de fêter mon 1000ème message sur le forum.
Les groupes A de route et les fameuses "Evolution 500" Le monde des sportives est plein d’arcanes et de petites subtilités. Quelles soient de pures routières ou dérivées de la compétition toutes ces voitures nous font rêver.
Lorsque l’on regarde la composition des sportives du forum on ne peut s’empêcher de distinguer quelques groupes. Les GTI d’une part…l’archétype de la première sportive accessible est plus que jamais symbole de notre génération. On note aussi quelques rares GT et enfin une catégorie à part, typique dans années 85 à 95 les « groupes A de route ».
Fruit d’un règlement sportif volontairement plus restrictif que l’ancien groupe B le « groupe A » va engendrer une série de sportives à la fois passionnantes et variées. Ce règlement, qui obligeait un constructeur à fabriquer 5000 exemplaires de son modèle en 12 mois consécutifs pour l’homologuer en compétition (2500 seulement à partir du 1er janvier 1993), s’appliquait aussi bien aux rallyes (championnat du monde) qu’à la piste (éphémère championnat d’Europe des voitures de tourisme puis surtout le mythique DTM).
Ce que l’on sait moins c’est qu’un additif à ce règlement permettait d’homologuer nombre de modification sur la voiture de course pour peu qu’un minima de 500 voitures routières comportant ces modifications soient commercialisées. Ce sont ces série de +/- 500 voitures qui nous intéresse aujourd’hui. Sobrement dénommée « Evo » ou bien encore « Evolution 500 ». Souvent dotées de kit carrosserie exubérant, que la version de course reprenait intégralement….à moins que ce ne soit l’inverse. Certaines sont devenus de véritables mythes, d’autres sont tombées dans l’anonymat restant connues des seuls passionnés. Je vous propose donc de les (re)découvrir ensemble au travers de ces quelques images.
Petit détour par le monde des groupe A de course: On ne peut comprendre les groupes A de route (et par conséquent les evo 500) sans avoir un minimum d’info sur le règlement sportif qui en est à la base.
Fin des années 80 la FIA fait une grande réforme dans ses règlements. Les anciens groupes I à VI (du plus basique au plus modifié) sont remplacés par des groupes à la dénomination alphabétique. Les groupes A de sont ces autos proche de la série qui sont produites à au moins 5000 exemplaires en un an, les groupes B sont des monstres de rallye issu de soit disant auto de série à 200 exemplaires et enfin les groupes C sont les protos du mans.
Côté Rallye :C’est le plus facile à suivre. En 1987 à la mort précipité du groupe B les « petites autos » du groupe A se retrouvent sur le devant de la scène. Lancia Delta, sierra cos’, Nissan GTIR, Toyota Celica en sont autant de représentantes.
Première modification importante de règlement en 1993. Le nombre d’exemplaire nécessaire à l’homologation descend de 5000/an à 2500/an (ce qui explique le nombre les seulements 2500 exemplaires d’escort cosworth « gros turbo », celle-ci sera ensuite produite avec le plus agréable T27 dit « petit turbo »). Le règlement WRC (instauré en 1997) va alors signer l’arrêt de mort des groupe A de route, en effet il n’est dès lors plus nécessaire de produire un modèle de série aux spécification proche de la compétition (une traction 2L atmo pouvant être transformée en 2L turbo 4x4 !!!). La dernière vraie groupe A sera la Lancer EVO VI avant que Mitsubishi ne passe lui aussi au WRC. A noter qu’il n’existe à ma connaissance par d’evolution 500 homologuée dans une optique rallye.
Côté circuit :Le
DTM Comme évoqué en intro le groupe A sera le support à de nombreux championnats nationaux et même européen (avec en point d’orgue les 24H de spa). Mais si il est un championnat qui permet vraiment de suivre l’évolution du groupe A circuit c’est bien le DTM. De 1984 à 1992 le « Deutsche Tourenwagen Meisterschaft » sera l’arène privilégié des autos les plus affûtées. Le DTM disparaît en 1996 faute de combattant (et « grace » à l’intervention zélée de la FIA). Il réapparaît en 2000, mais là encore les autos en piste n’ont que peu de lien avec les versions série.
Il et difficile de trouver de l’info sur la première version du DTM. Néanmoins j’ai retrouvé pour vous le palmarès, mais surtout les principales voitures qui ont couru dans ce championnat pour chaque année….prenant le temps de la lire certains modèles sont surprenants ! C’est d’ailleurs là que l’on voit apparaître toutes nos « évolution 500 ». A noter que la liste s’arrête en 92. En effet 93 verra l’avènement du règlement « silhouette 1 » qui, à la manière du WRC, autorisait une simple traction à prendre part aux festivités (ainsi la version 4RM de la superbe 155 V6 TI n’a jamais existé :-(
Palmarès:1992 Klaus Ludwig Mercedes-Benz 190 2.5-16v EVOII
1991 Frank Biela Audi V8 Quattro
1990 Hans-Joachim Stück Audi V8 Quattro
1989 Roberto Ravaglia BMW M3
1988 Klaus Ludwig Ford Sierra Cosworth
1987 Eric van de Poele BMW M3
1986 Kurt Thiim Rover Vitesse
1985 Per Stureson Volvo 240 turbo
1984 Volker Strycek BMW 635csi
Principaux Protagonistes:1992 Bmw M3 Sport Evolution /Mercedes 190 2.5 16 EVO II/ AUDI V8 quattro (arrêt du programme en milieu de saison)/ Ford mustang GT
1991 Bmw M3 Sport Evolution /Mercedes 190 2.5 16 EVO II/opel omega 3000 EVO
500/ AUDI V8 quattro
1990 Bmw M3 Sport Evolution /Mercedes 190 2.5 16 EVO I (début de saison puis EVOII fin de saison)/opel omega 3000 24V/ AUDI V8 quattro
1989 Bmw M3 (et 635csi)/Mercedes 190 2.3 16s (puis 2.5 16 EVO I en cours de saion)/Sierra cosworth /opel kadett GSI 16v
1988 Bmw M3 (et 635csi)/Mercedes 190 2.3 16s/Sierra cosworth /opel kadett GSI 16v
1987 Rover vitesse / Sierra XR4Ti /Volvo 240 turbo /Bmw M3 (1ère saison, 1er titre)et 635csi/ Nissan silvia /Mercedes 190 2.3 16s/ Alfa 75 turbo /Sierra cosworth sur les 2 derniè-re courses de la saison (1ère course podium, 2ème course victoire !)
1986 Rover vitesse / Sierra XR4Ti /Volvo 240 turbo /Bmw 635csi et 325i / Nissan silvia /Mercedes 190 2.3 16s
1985 Rover vitesse / Sierra XR4Ti / Chevrolet camaro /Volvo 240 turbo /Bmw 635csi et 323i / Alfa GTV6 /Mercedes 190 2.3 16s (à la dernière course de l’année)
1984 Rover vitesse / Chevrolet camaro /Volvo 240 turbo /Bmw 635csi et 323i / Alfa GTV6
La Ford Sierra RS500 Cosworth :Le saint graal des amateurs de cosworth. Annoncée à 224cv en version civile, la voiture est en fait équipée de nombreux éléments en vue d’une préparation bien plus poussée. Collecteur d’admission à 8 injecteurs, turbo majoré, échangeur de plus grande dimension, circuit d’eau et huile plus important….autant d’élément qui allaient permettre à la version de course de dominer ses rivales dans le BTCC (championnat anglais), dans le championnat européen de supertourisme et même en DTM !


Du point de vue esthétique le bouclier avant est plus ajouré pour permettre un meilleur refroidissement et une lame supplémentaire fait sont apparition sur le coffre (en plus de l’aileron « planche à repasser »). Les RS500 ont toutes étaient fabriquées en Angleterre dans l’usine de Bedworth et sont toutes en conduite à droite (sauf quelque rares exemplaires modifiés).

Bien que l’on en ait l’image d’une auto le plus souvent noire (392ex) la RS500 était aussi proposée en blanc (52ex + quatre proto) et en bleu lunaire (52 aussi).
Les Mercedes 190 16s Evolution et Evolution II :Le DTM, championnat allemand de supertourisme, est à la base « série 500 » les plus débridées. Même si on tendance à l’oublier aujourd’hui la mercedes 190 16s fut en son temps à la fois une révolution et une référence. Première vrai sportive de la firme à l’étoile depuis près de 30ans la 190 ouvrait la voie aux berlines performantes. Il ne faut pas oublier que les voitures auxquelles ont la compare maintenant (sierra Cos’, M3, etc…) ne sont apparus que 2 à 3 ans après la sortie de la mercedes, au moment où arrivait sur le marché le nouveau moteur de 2,5L.
La 190 16s de base (au fond), l’EVOI et l’EVOII réunies sur une même photo Mais revenons à nos « evolution ». Si le moteur semblait prédisposé à la compétition, la culasse étant l’œuvre de cosworth, il fallait faire évoluer quelques composants pour que la version course se révèle au niveau. En effet dans le championnat DTM la version course de la 190 16S de base se voyait malmené par les concurrentes de l’époque
La 190 évolution propose ainsi des roues majorées à 16 pouces, un kit carosserie spécifique (permettant l’adoption de grandes roues en course et de meilleurs appuis aéro). Hormis le kit carosserie la version civile de l’evo ne diffère que peut de la 190 16s 2,5L de base. Mercedes annonce bien quelques modifs moteurs mais officiellement la puissance reste de 195cv (toutefois de nombreux propriétaires font état d’une puissance probablement plus élevée).


La très belle 190 Evolution I d’un passionné Français que l’on croise sur de nombreux forumBien que plus performante la 190 Evolution ne sera toujours pas en mesure de remporter le DTM….qu’importe avec L’Evolution II Mercedes ose plus que jamais. Aileron gigantesque , jantes de 17, déflecteur en haut de la vitre arrière….Si elle n’était pas le fruit de longue recherche aéro l’EVOII passerait pour un chef d’œuvre du tuning. Les dirigeant de BMW compétition iront même jusqu’à déclarer « si cet aileron fonctionne….ont refait notre soufflerie »…EN 1992 l’EVOII truste les trois premières place du championnat…et le soufflerie BMW sera refaites ;-) A noter enfin que la version civile bénéficie de 235cv.


La 190 EVOII….bestiale à souhaitL’ALFA 75 Turbo « Evoluzione» :On attaque là une auto nettement moins connue du grand public comparé à une 190 EVO ou la RS 500.
La photo de presse officielle (sous cet angle le trop faible déport des jantes ne choque pas)
Là par contre !!!....et pourtant c’est bien la configuration d’origineSortie en 1987 pour une seule année de production la 75 turbo Evoluzione n’a d’autre but que d’homologuer la 75 turbo en groupe A avec les quelques modif « qui vont bien ». Au programme le kit carrosserie bien sur, mais aussi d’autres retouches comme les freins majorés, un autobloquant à 40% (au lieu de 25% sur la version standard), et des renforts de caisse. Le moteur est lui aussi retouché avec une cylindrée qui descend (!) de 1779 à 1762cm3…pourquoi donc me dirais vous, et bien pour garder une cylindrée inférieure à 3L lorsque l’on applique le cœfficient de correction réglementaire des moteurs turbo (en effet, quel que soit le règlement FIA un moteur turbo d’une cylindrée donnée est classé comme un atmo d’une cylindrée 1,7 fois supérieure).
Vue rapprochée du kit carrosserie. Cette voiture est équipée de jante « campagnolo » disponible en option à l’époque sur toutes les 75.Par contre elle n’a plus ses stripping « evoluzione »
L’intérieur très classique et sobre. Notez le frein à main (communs à toutes les 75). Renault n’a rien inventé sur sa MéganeAlors les performances me dirais vous…et bien c’est la grande déception puisque le moteur ne délivre que 155cv tout comme les 75 turbo classiques. Et c’est bien là le problème de cette Evoluzione. Au contraire d’autres « evo 500 » où les modifications ont été bénéfique aussi à la version routière, Alfa s’est contenté du stricte minimum pour faire une auto de course plus performante au détriment du modèle d’homologation. Autre exemple : les jantes, reprises d’un GTV 2L, elles n’ont pas le bon déport et se trouvent trop rentrées dans la carrosserie ( cela explique pourquoi les autos qui illustre cet article ont quasiment toutes des jantes différentes à l’origine).
Un bel exemplaire avec quelques entorses à l’origine peu critiquable :rétros peints, jantes avec un déport correct, calandre couleur « italia » et disques rainurés percés
Au final il existe deux façons de considérer l’Evoluzione par rapport à la 75 turbo classique. D’un côté c’est un rare collector (d’où son prix) qu’il convient de garder dans un strict état d’origine (avec les défauts de cette version non suffisamment développée ). De l’autre elle peut s’avérer une très bonne base pour faire une 75 turbo au comportement affûté.
En effet il faut se souvenir que la myhtique Alfa Romeo Zagato SZ a été conçue sur la base de la 75 turbo groupe A…Ainsi de nombreuses pièces de trains roulants de la SZ peuvent s’adapter sur notre Evoluzione (ce qui est d’ailleurs aussi vrai pour la 75 Turbo classique). Lorsque l’on se remémore comment la presse avait encensé le comportement de la SZ, on en vient à penser qu’il vaut peut être le coup de franchir le pas pour transformer votre Evoluzione en une vraie 75 « da corse ».
souvenir…la mythique SZ à l’attaqueA suivre avec encore 3 modèles d'evolution à découvrir
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"Keep the Racing Spirit (KRS)"